Sylvie Vartan, Victoire Carlota et moi

Sylvie Vartan au théâtre… Au départ, j’étais plutôt sceptique. La lecture L’amour, la mort, les fringues à Marigny m’avait  beaucoup amusé, mais le jeu d’actrice, il faut bien l’avouer, n’était pas là. Pourtant, après avoir lu les premières critiques de Ne me regardez pas comme ça, j’ai acheté une place. Après tout, c’est un événement, c’est Sylvie… Pourquoi manquer ça ! Je lui ai donc laissé une semaine de rodage, et hop, me voici dans la corbeille du Théâtre des Variétés, avec une impatience non feinte.

Je ne vais pas raconter l’histoire, on la trouve de long en large sur le net. Commençons par le commencement : l’écriture. C’est là que ça fait mal. Très mal. Si ce n’était pas Mergault qui avait écrit la pièce, mais une illustre inconnue, personne n’aurait misé dessus : le nom fonctionne, le réseau s’agite, et le théâtre est réservé pour quatre mois. L’écriture est poussive. Avec LE truc que je déteste dans le (très) mauvais boulevard : on sent le bon mot placé à tel endroit pour déclencher le rire. C’est agaçant. Profondément agaçant. A part quelques répliques savoureuses, pour lesquelles j’ai ri volontiers, le texte n’est ni drôle, ni mélodramatique, ni rien. C’est long, les phrases s’enchaînent et ne servent souvent que de prétexte pour étaler la pièce sur une heure et demi. Quant aux bons mots, la majorité est conservée pour l’auteur elle-même, l’autre n’étant alors qu’un faire-valoir ; cela pue à plein nez, et c’est détestable.

On est donc bien loin de l’écriture ciselée de Sylvie Joly ou de Valérie Lemercier : avec elles, le verbe se porte haut et sert autant les acteurs que les spectateurs. Avec Mergault, ce texte ne sert que son ego et son portefeuille.

Et Sylvie, dans tout ça… Eh bien, Sylvie m’a très agréablement surpris. Certes, Sylvie ne change pas et on reconnaît Vartan, parfois, dans l’intonation, la gestuelle. Son jeu est néanmoins nettement plus abouti que dans L’Amour, la mort, les fringues. Elle produit de louables efforts et s’en sort très bien. Le risque de se planter était important, elle relève le défi et réussit l’examen.

Elle s’amuse, c’est évident. Son plaisir d’être là est communicatif. La mise en scène la sert divinement, notamment dans le burlesque. La mise en scène de la promenade dans la campagne italienne est, à ce titre, parfaite. Son partenaire, Pierre Deny, est formidable et sait la mettre en valeur, l’accompagner dans son jeu.

Sylvie est à fond, mais n’est pas encore prête pour des rôles de poissonnière ou des rôles à contre-emploi. Pour cela, il lui faudra effacer la Vartan et OSER davantage. Pourtant, et c’est paradoxal, avec cette pièce, elle se met déjà en danger : elle aurait pu rester chez elle à faire des confitures, ou préparer, comme cela était prévu, son livre sur sa mère, puis faire la promo de son nouvel album. Et non, il lui a fallu cette nouvelle aventure. La mise en danger est réellement là, comme souvent quand on s’intéresse à ses choix. C’est pour ça que j’adore cette femme. La mise en danger est là, donc, mais ni avec le bon texte, ni la bonne partenaire.

Malgré mes réserves sur le texte, certaines scènes sont néanmoins savoureuses. Deux, en fait (c’est bien peu) : la scène du tiramisu et la scène du serpent. Ce sont justement les deux scènes où Sylvie doit dépasser ses limites, se sortir les doigts du cul et se mettre encore plus en danger. Là, Vartan s’efface pour laisser place à une véritable actrice. Le pire, c’est qu’on sent qu’elle aime ça. Alors pourquoi pas davantage ? C’est frustrant.

Si elle souhaite persister dans cette voie, ce que je lui souhaite, il lui faudra trouver un auteur digne de cette envie. Un auteur qui sache la pousser, la faire sortir de ses retranchements. Muriel Robin ? Pourquoi pas…

Quelle femme (d)étonnante !

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