Foresti met le paquet

Quelques jours avant Noël, j’ai profité d’un week-end en célibataire pour télécharger (légalement) le si sobrement nommé Foresti Party Bercy. Le temps est un peu frisquet, alors j’ai décidé que le visionnage se fera avec un bon thé bien chaud, les pieds sous la couette et le chat qui fait ronron à côté (soit dit en passant, c’est vrai que vu comme ça, c’est drôlement subversif, la vie d’un gay, je conçois que ça fasse peur).

L’idée d’un hommage autoproclamé me gênait un peu. Après tout, la dame n’a qu’un ou deux spectacles à son actif et quelques passages télés grimés chez Ruquier… Mais passons. Après tout, j’ai téléchargé (légalement) le show pour me fendre la poire, pas pour parler physique quantique.

 Foresti met le paquet

Je débute donc le visionnage. Une fois passés les « oh, c’est cool, elle refait Madonna et Adjani », je vais de surprise en déception. Première impression bizarre : je ne ris pas. Pourtant je suis bon public, en général. Je ris aux blagues carambars et mêmes aux blagues de mon chéri. C’est pour dire.

Deuxième sensation désagréable : mais qu’a-t-elle fait à sa voix, la dame ? Niveau poissonnière, elle réussit à faire pire qu’Alizée lors de son tout premier Olympia. Elle ne parle pas, elle crie. D’accord, la salle est grande, mais tout de même, il y a des micros. Bah si, à Bercy, il y a une sono, sinon elle ferait comment Mylène depuis le temps ?

Troisième malaise : la « panne d’inspiration » semble ne pas être seulement un sketch, mais la vraie vie de Florence Foresti. C’est ballot, ça, quand on a un spectacle à écrire. Du coup on se retrouve avec la Vide Party. Beaucoup, beaucoup de remplissage. Dommage, ça gâche les excellentes trouvailles, comme l’hilarant :

« Envoie prout au 8 12 12″.

C’est frustrant comme une tarte au citron sans meringue.

Le pompon de la pomponette est quand même le placement produit aussi gros que dans un épisode de Plus Belle La Vie :

 PBLV

Un exemple ? Je ne connaissais pas son nom par cœur, mais maintenant, je sais que le gars de Bref, il s’appelle Kyan khojandi, le mec. La sensation très déplaisante qu’on est en train de se foutre de ta gueule pendant dix minutes.

Plus le spectacle avance, plus le malaise s’installe bien confortablement. Moi qui pensais passer une soirée à me poêler avec le chat sur les genoux, c’est malin. En fait, j’ai l’impression de regarder Bigard. Mais Bigard avec des nibards. On frise trop souvent le « C’est pour dîner ? Non c’est pour faire un tennis,  connard ».

Bigard, ou une Muriel Robin fin de siècle, quand elle a arrêté d’être drôle. J’ai d’ailleurs souvent ce sentiment de deviner Robin à travers Foresti, notamment dans ce sketch où elle parle de taxi et de GPS. Du coup j’ai fini ma soirée dans la plus grande délectation avec Madame Dupin, Le Testament et autre La solitude made in Robin. C’est comme Madonna et Lady Gaga, autant choisir l’originale.

Foresti a voulu s’offrir son show millimétré, en ça elle a réussi. Il y a des chorégraphies, des danseurs et des danseuses, des costumes, des chansons, et quelques blagues carambars ratées.

En fait, Foresti Party Bercy, c’est un peu comme Jean-Charles de la compta, qui bourre ses PowerPoint d’effets et d’animations qui plombent bien le temps de présentation. Il se croit trop fort Jean-Claude, des fois. Bah là c’est pareil, sauf qu’avec un PowerPoint à Bercy à 20 €, j’ai un peu l’impression d’avoir envoyé « Prout » au 81212.

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